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DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est une maladie chronique de la rétine qui débute après 50 ans et touche la macula, la zone centrale de la rétine.

DMLA - cabinet du Dr Claude Heintz

Qu’est-ce que la DMLA ?

La dégénérescence Maculaire Liée à l’âge (DMLA) est une maladie dégénérative de la rétine.

C’est une maladie chronique évolutive qui débute généralement après l’âge de 50 ans. Elle touche la région maculaire, c’est-à-dire la zone centrale de la rétine et entraîne une perte progressive de la vision centrale (vision de près, vision des détails) tout en laissant habituellement intacte la vision périphérique.

Coupe OCT de la rétine et de la macula
Coupe OCT de la rétine et de la macula

La macula assure la vision centrale, l’acuité visuelle fine et la vision des couleurs.

Quels sont les deux types de DMLA ?

On distingue deux formes évolutives de DMLA, la forme atrophique (ou « sèche ») et la forme exsudative (ou « humide »)

La forme sèche ou atrophique

. • La DMLA « sèche » ou atrophique est de loin la plus fréquente. La macula est la zone centrale de la rétine responsable de la vision fine et des détails, comme la lecture ou la reconnaissance des visages. La DMLA sèche commence souvent par l’accumulation de petits dépôts jaunâtres appelés drusen sous la macula, entraînant une atrophie lente et un amincissement progressif de la macula. La disparition progressive des cellules spécialisées appelées photorécepteurs, ainsi que des cellules de l’épithélium pigmentaire de la rétine entraîne la formation de trous ou zones d’atrophie visibles lors d’un examen du fond d’œil. Cette forme évolue lentement, mais inéluctablement vers une perte de la vision centrale.

La cause de la DMLA sèche n’est pas encore bien connue.

Il n’existe actuellement aucun traitement curatif pour la DMLA sèche.

Des facteurs ont été mis en évidence qui pourraient aider à diminuer l’évolution de celle-ci : comme l’arrêt du tabac, une alimentation adaptée riche en fruits, légumes, poissons gras et pauvre en sucres et graisses saturées. On conseille éventuellement une supplémentation en antioxydants, zinc, lutéine par des compléments alimentaires à visée maculaire.

Un suivi régulier est nécessaire pour s’assurer qu’il n’y a pas d’évolution vers la DMLA humide ou exsudative. L’aptitude à la conduite doit également être évaluée pour éviter tout risque envers soi ou envers les autres.

La forme humide ou exsudative

• La DMLA exsudative ou « humide » est la forme la moins fréquente (10 à 20% des cas). Elle se caractérise par la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (néovaisseaux) sous la rétine et/ou dans la rétine. Ces nouveaux vaisseaux sont fragiles, permettent souvent une fuite de liquide qui provoque un gonflement de la rétine (œdème) provoquant des déformations de l’image.

Ces vaisseaux sont particulièrement fragiles et risquent de saigner (hémorragie maculaire) ce qui peut provoquer une perte de la vision centrale parfois brutale.

Le traitement de la DMLA exsudative.

Dans la DMLA exsudative, seul le néovaisseau se traite. La maladie ne guérit malheureusement pas.

Le traitement consiste à injecter à l’intérieur de l’œil des médicaments anti-VEGF.

Schéma d’une injection intravitréenne dans l’œil
Schéma d’une injection intravitréenne dans l’œil

Ces produits bloquent la croissance du vaisseau qui fuite dans la rétine et diminuent le risque de formation de nouveaux vaisseaux. Cela diminue également le risque d’œdème maculaire et d’hémorragie maculaire.

L’injection se fait de manière stérile généralement une fois par mois au début (minimum 3 mois) puis selon l’évolution de la maladie.

L’injection se fait sous anesthésie locale par collyre, après avoir retiré tout le maquillage et désinfecté l’œil. Elle est généralement peu douloureuse.

Plusieurs produits existent actuellement sur le marché et le choix dépendra du cas particulier de chaque patient.

L’avenir nous promet de nouveaux traitements qui seront moins désagréables !

Ces traitements sont parfois insuffisants et doivent parfois être complétés par d’autres traitements (PDT , Laser, pose d’implants, chirurgie, …)

Les traitements de la forme humide sont surtout utiles lors des phases actives de développement des néovaisseaux. Un examen et un suivi ophtalmologique permettent d’évaluer la situation et de choisir une prise en charge adaptée.

Les options thérapeutiques et leur indication doivent toujours être discutées avec votre ophtalmologue. Le rythme des injections et des contrôles est individualisé.

Vos questions sur la DMLA.

Puis-je avoir une DMLA sans le savoir ?

La DMLA survient à partir de 50 ans et plus. Au début de la maladie, on peut ne ressentir aucun symptôme. Ceci explique que le diagnostic est souvent fait 10 à 15 ans plus tard.

Les premiers signes sont souvent des difficultés à lire les petits caractères malgré des lunettes adaptées, une gêne dans l’obscurité, une diminution de la perception des contrastes.

La maladie peut également commencer uniquement sur un des deux yeux et donc passer inaperçue tant que le deuxième œil compense.

Seul un examen ophtalmologique du fond d’œil permet de diagnostiquer une DMLA.

Comment savoir si je suis à risque de développer une DMLA ?

Les personnes atteintes de DMLA sont en général âgées de plus de 50 ans.

Les mécanismes précis du développement de la maladie restent encore mal connus.

Une composante génétique héréditaire existe.

D’autres facteurs de risque sont également impliqués notamment le tabagisme, la malnutrition, l’hypertension artérielle, la dyslipidémie, l’obésité, la cataracte, l’exposition à certaines radiations ou une carence en micronutriments antioxydants, …

La présence d’une DMLA sur un œil augmente largement le risque d’atteinte secondaire du deuxième œil.

Il est donc prudent de réaliser un dépistage régulier après 50 ans, surtout si vous avez des facteurs de risques.

Puis-je prévenir la DMLA ?

La prévention se fait surtout par l’élimination des facteurs de risques identifiés

Arrêt du tabac

Hygiène de vie (sport, vie saine, …)

Alimentation variée, riche en légumes, en fruits frais et en huiles de poisson (les vitamines A,C,E, les antioxydants sont particulièrement bénéfiques pour les yeux et sont présentes dans de nombreux aliments. Elles se retrouvent dans les agrumes, légumes à feuilles vertes (salade, épinards…), poivrons, carottes, kiwis mais également dans les germes de blé et huiles végétales. Les omégas 3 présents dans les produits marins et poissons gras des mers froides (saumon, sardine, anchois…) auraient également un rôle protecteur vis-à-vis de la DMLA. Ces mesures ne sont pas scientifiquement prouvées, mais peuvent être utiles étant donné l’état des connaissances sur la biologie rétinienne.

Une supplémentation par compléments alimentaires à visée maculaire peut être proposée.

Quels sont les premiers symptômes de la DMLA ? Comment savoir si je suis atteint(e) de cette maladie ?

La DMLA peut conduire à une perte de la vision centrale, tout en laissant habituellement intacte la vision périphérique. Les premiers signes de la maladie sont habituellement discrets avant que n’apparaissent les symptômes caractéristiques, dont le stade le plus avancé est l’apparition d’une tache au centre du champ visuel.

Étant discrets, les signes précoces de la maladie peuvent être négligés : une baisse de la vision chez la personne qui prend de l’âge ne doit pas être automatiquement mise sur le compte du vieillissement naturel.

Les signes potentiellement évocateurs de DMLA sont les suivants :

Diminution de la sensibilité aux contrastes : Vous pouvez d’abord avoir l’impression de manquer de lumière pour lire ou écrire. Les images peuvent vous paraître plus ternes ou jaunies.

Diminution de l’acuité visuelle : Vous pouvez également ressentir des difficultés à percevoir les détails. La baisse de l’acuité visuelle peut intervenir de manière rapide.

Déformation des lignes droites : Vous pouvez aussi percevoir les lignes droites comme déformées ou ondulées. Par exemple, vous aurez l’impression de voir les lignes droites déformées ou ondulées au niveau d’une grille de mots croisés ou sur les lignes de carrelage. On parle alors de « métamorphopsies ».

Apparition d’une tache sombre centrale : Vous pouvez percevoir une tache noire ou grise (appelée scotome) fixe devant l’œil, qui vous gêne pour distinguer les éléments.

Chacun de ces symptômes doit vous amener à consulter rapidement un ophtalmologiste car lui seul pourra poser le diagnostic d’une DMLA ou d’une autre maladie de l’œil.

Pour plus d’informations, parlez-en à votre ophtalmologiste.

Que faire si je pense être atteint(e) de DMLA ou si je commence à ressentir des symptômes de DMLA ?

La DMLA humide est une urgence ophtalmologique. Si une personne ressent une baisse brutale de sa vision, si elle a l’impression de voir des lignes déformées ou ondulées ou encore si elle perçoit une ou plusieurs taches sombres au centre du champ de vision, elle doit appeler un ophtalmologiste en urgence.

Au moindre doute, il est important de bien préciser lors de son appel les symptômes ressentis.

Si je suis atteint(e) de DMLA, quelles peuvent être les conséquences sur ma vie quotidienne ?

Seul le centre de la rétine est touché par la DMLA, la vision centrale est donc, dans la plupart des cas, la seule à être concernée. Les patient(e)s sont souvent gêné(e)s, par exemple pour lire, coudre, bricoler ou reconnaître des visages dans la rue. Mais comme la vision périphérique reste habituellement normale, ils peuvent de ce fait, se déplacer seul(e)s et s’habiller par exemple. Ils gardent ainsi une certaine autonomie.

Quelle est la différence entre la forme « sèche » de DMLA et la forme « humide » de DMLA ?

Il existe 2 formes de DMLA :

La forme « sèche » ou atrophique est la plus fréquente mais d’évolution plus lente. Elle se caractérise par une progressive disparition de cellules de la rétine avec un amincissement de la macula.

La forme « humide » ou exsudative est plus rare que la forme « sèche » mais progresse plus rapidement. Son évolution peut parfois conduire à une perte de la vision centrale. Dans cette forme de DMLA, des vaisseaux anormaux appelés néovaisseaux se développent. Ces vaisseaux étant très fragiles, ils laissent échapper du liquide, et parfois du sang, s’accumulant au sein de la rétine et qui vont être responsables des troubles de la vision.

Quels que soient le stade et la forme de la maladie, celle-ci doit être contrôlée régulièrement par un ophtalmologiste pour suivre son évolution et dépister une éventuelle atteinte du 2ème œil.

Si je suis atteint(e) de DMLA dans un œil, puis-je être atteint(e) de DMLA dans l’autre œil ?

La DMLA est considérée comme une maladie qui peut atteindre les deux yeux. En effet, une fois le premier œil atteint, il existe un risque accru d’atteinte du deuxième œil. Malgré tout, de nombreux patients avec des formes très sévères de DMLA sur un œil conservent une bonne vision sur le deuxième œil tout au long de leur vie. L’atteinte sévère du deuxième œil est donc très variable d’une personne à une autre : elle peut survenir rapidement comme plus tardivement.

Il est recommandé que les patients déjà atteints de DMLA effectuent une auto-surveillance régulière de leur vue, œil par œil, avec la grille d’Amsler (ou autre support : grille de mots croisés par exemple) et ils doivent reconsulter leur ophtalmologiste en cas de modification de leur vision (par exemple : baisse d’acuité visuelle, gêne à la lecture, déformation des lignes droites, apparition de taches sombres au centre de la vision).

Puis-je guérir de la DMLA ?

La DMLA est une affection chronique. Actuellement, il n’existe pas de médicaments capables de guérir définitivement la DMLA mais des solutions peuvent permettre de ralentir son évolution et de diminuer la gêne liée aux symptômes. Votre ophtalmologiste décidera de l’approche la plus adaptée à votre cas.

Dans la forme « humide » de la DMLA, des traitements prescrits et administrés par des spécialistes en ophtalmologie sont disponibles. Ils peuvent être injectés au niveau du blanc de votre œil ; on parle alors d’injections intravitréennes ou IVT.

Dans la forme « sèche » de la DMLA, il n’existe pas de traitement, mais des aides optiques et une rééducation visuelle peuvent être d’une aide précieuse.

Si je suis atteint de DMLA, vais-je pouvoir conduire ?

Tout conducteur est le premier responsable de ses actes et de ses décisions. Lorsque la baisse d’acuité visuelle est importante, la conduite automobile peut être dangereuse pour vous et les personnes qui vous entourent.

C’est pourquoi il est très important d’en discuter avec un ophtalmologiste. Osez demander à vos proches de vous accompagner à vos rendez-vous si vous ne pouvez pas vous déplacer seul.

Y’a-t-il des activités qui me sont interdites ?

Il n’y a pas d’activité « interdite » lorsqu’on est atteint(e) de DMLA dès lors que votre sécurité ou celle d’autrui n’est pas mise en cause. Si la vue le permet, il faut continuer à pratiquer ses activités. Une rééducation visuelle peut aussi aider. Des conseils peuvent être donnés pour mieux se déplacer et réaliser ses activités quotidiennes avec de petites astuces simples : installer des repères visuels sur le lave-linge, des étiquettes agrandies sur les emballages des aliments…

Les voyages sont autorisés. Il n’existe aucun danger particulier à prendre l’avion ou un autre moyen de transport.

La DMLA nécessite-t-elle un suivi régulier chez l’ophtalmologiste ?

La DMLA est une maladie chronique et évolutive. Les personnes atteintes de DMLA doivent donc être surveillées tout au long de leur vie et revoir régulièrement leur ophtalmologiste. Chaque DMLA étant différente, c’est le médecin qui décide de la fréquence des contrôles et du traitement.

Entre chaque rendez-vous, il est recommandé au patient atteint de DMLA d’effectuer une auto-surveillance régulière de sa vue, œil par œil, avec la grille d’Amsler (ou autre support : grille de mots croisés par exemple). S’il a l’impression que les lignes droites se déforment ou qu’une tache assombrit le centre de sa vision, il doit consulter rapidement un ophtalmologiste.

Même si la vision s’est stabilisée, il est indispensable de bien respecter les rendez-vous avec l’ophtalmologiste pour contrôler l’évolution de la DMLA.

Documents et suivi.

Télécharger la brochure du cabinet sur la DMLA (PDF)

Pour les documents d’auto-surveillance et les informations relatives à vos injections, adressez-vous à votre ophtalmologue.